Holzminden - Prisonniers en 14-18
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Holzminden, le 9 janvier 1915
Rapport de visite du CICR
Cote : ACICR, CG1 A
samedi 10 octobre 2009
par Fred HIERNAUX
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Vous trouverez ci-dessous le seul rapport disponible auprès du CICR à Genève qui concerne le camp d’Holzminden et portant le numéro 3 d’un volume intitulé : "Documents publiés à l’occasion de la guerre de 1914 1915 - Rapports de MM. Ed. NAVILLE & V. VAN BERGHEM, Dr C. DE MARVAL - A. EUGSTER - 1ère série, édition française (2ème édition) - Mars 1915 " (Voir photo de couverture du document).

Un grand merci pour la communication de ce document au personnel du CICR à Genève, en particulier à Mr Fabrizio Bensi, chef de l’unité archives historiques.

"Holzminden - 9 janvier 1915 - camp de civils

Situé sur un plateau élevé, exposé au soleil, ouvert seulement en décembre 1914, prévu pour 10 000 prisonniers, camp de baraques occupé actuellement par 4000 civils français. il a coûté 1 500 000 marks et n’est pas encore terminé. Ce camp est destiné exclusivement aux internés civils. Toutes les situations sociales sont ici représentées : le marquis, le millionnaire et les pauvres gens. Les femmes et les enfants, dans des baraques spéciales, sont placés sous une direction féminine, choisis parmi les internés. On trouve là des femmes avec leurs enfants de vieilles femmes, etc., un tableau cruel de la guerre. Ces gens n’avaient plus de maison, ils erraient et ne pouvaient regagner leur pays, ils sont donc été emmenés en Allemagne. une femme surveillante ne dit qu’il recevaient presque tous des nouvelles et pouvaient en donner.

Correspondance : chaque semaine une lettre de deux pages ou une carte sont autorisées. Les lits sont bons ; partout des fourneaux dans les locaux. l’argent est délivré à raison de cinq marks, pas plus, Pour des raisons indiquées ci-dessus. Ils reçoivent davantage pour des achats spéciaux, qu’ils peuvent faire dans la ville voisine sous escorte militaire.

Une grande blanchisserie, munie des installations électriques les plus modernes, a été établie. Des essoreuses, des séchoirs, etc., permettent, pour chaque baraque, de rendre le linge dans un délai très court.

Des 84 baraques, 7 sont installées en lazaret et cela de façon impeccable. On n’y trouve que des lits avec de la literie blanche. Les malades portent des vêtements rayés bleu et blanc comme dans les hôpitaux allemands. Une cuisine spéciale, abondamment approvisionnée, pourvoi aux besoins des malades. Une grande salle d’opération toute neuve, avec appareils stérilisés et une collection d’instruments qui a coûté 5000 marks, est à la disposition des médecins. Le médecin militaire allemand est assisté de deux collègues français et d’un collègue russe, travaillant ensemble dans la meilleur esprit.

Dans quelques-unes de ces nouvelles baraques, vu la pluie continuelle, l’humidité commence à pénétrer du côté de la montagne. On le fit constater aux visiteurs. Il ne sera pas difficile de se protéger de cette humidité, provenant de l’intérieur de la montagne, au moyen de fossés plus profonds et de canaux de dessèchement.je ne doute pas que les autorités responsables ne fassent tous leurs efforts pour remédier à cet inconvénient.

On cuit à part pour les femmes âgées et les enfants ; le riz au lait et le lait forment la nourriture principale.

À la demande des internés juifs assez nombreux, on a installé une cuisine juive, ce qui me parait aller un peu loin en fait de bienveillance.

Jusqu’à présent, seulement deux cas de mort au camp : un de vieillesse, un de tuberculose.

Les efforts des autorités allemandes, pour leur propre sécurité tout d’abord, tendent à prévenir les maladies, surtout les épidémies. Ces efforts sont également dans l’intérêt des internés et des prisonniers, et méritent ainsi la reconnaissance.

Pour ce qui concerne le rapatriement des internés civils, spécialement des femmes et des enfants, je renvoie à la fin de mon rapport. Enfin, je joins ici, le menu hebdomadaire :


café tous les matins.

Lundi midi : haricots avec pommes de terre et porc fumé.

Lundi soir : soupe aux pommes de terre

Mardi midi : soupe à l’orge avec pommes de terre, mouton haché, boeuf ou porc.

Mardi soir : soupe aux grus.

Mercredi midi : pommes de terre aigres et saucisses.

Mercredi soir : haricot fayots en soupe.

Jeudi midi : raves avec gruau, pommes de terre et lard fumé.

Jeudi soir : soupe au riz.

Vendredi midi : riz et pommes de terre avec bœuf.

Vendredi soir : soupe aux flocons d’avoine.

Samedi midi : haricots verts, pommes de terre et hareng.

Samedi soir : soupe au grus.

Dimanche midi : chou blanc avec pommes de terre et mouton.

Dimanche soir : soupe aux flocons d’orge.


J’ai goûté la nourriture ici et ailleurs, je l’ai trouvée partout bonne, de même que le pain."

Commentaires : on pourrait largement commenter ce rapport plutôt "à la botte des allemands", mais on sait que la vérité est toute autre, je vous renvoie en particulier à l’ouvrage intitulé "Rapatriés 1915 - 1918" de Mlle CHAPTAL de CHANTELOUP Léonie au paragraphe 2, page 33.

 

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